Manhattan vu du ciel
Il existe un moment, dans presque tous les séjours dessinés ici, où New York cesse d’être une suite de rues pour devenir une forme. Un survol de Manhattan en hélicoptère produit exactement cet effet : en quelques minutes, l’île se referme sur elle-même, la skyline de Manhattan se déplie, l’Hudson et l’East River redeviennent ce qu’ils sont, les deux bras qui tiennent la ville. Programmé en fin de journée, le survol de New York au coucher du soleil ajoute à cette géométrie une lumière rasante qui allume les façades une à une et fait passer Manhattan vu du ciel du gris au cuivre. Le survol de la Statue de la Liberté referme la boucle par le sud, là où tout a commencé, à quelques encablures d’Ellis Island.
L’eau offre une autre manière de contempler Manhattan, plus lente cette fois. Une croisière autour de Manhattan, une sortie privée sur l’Hudson ou un voilier au coucher du soleil à New York permettent d’observer les gratte-ciel depuis leur base, avec une distance que la ville ne concède presque jamais à terre.
Restent enfin les hauteurs habitées, celles où l’on monte pour regarder : Top of the Rock, l’Empire State Building, le One World Observatory, ou plus simplement un rooftop avec vue sur Manhattan en début de soirée, un dîner avec vue sur la skyline quand la nuit tombe et que les fenêtres s’allument par milliers. Par ailleurs, observer la skyline de nuit n’est pas un supplément de programme : c’est le contrechamp de tout le reste.
Visiter New York à pied : des ruelles de Greenwich Village à Williamsburg
Une fois la ville mesurée depuis les hauteurs, il convient de lui rendre son échelle humaine. Visiter New York à pied demeure le moyen privilégié de ressentir la texture des quartiers : les rais de lumière taillés entre les tours, les escaliers de secours en fonte, les devantures de delis historiques et le parfum des torréfacteurs au petit matin.
La promenade sur la High Line offre cette hauteur intermédiaire, à un étage du sol, d’où la ville se regarde travailler. Traverser le Brooklyn Bridge à pied tôt le matin, avant les groupes, c’est voir Manhattan s’éloigner et Dumbo apparaître entre les câbles. Ensuite, tout devient affaire de rythme : un café et une balade dans Greenwich Village, les fontes de SoHo, l’effervescence de Chelsea Market, les vitrines de Fifth Avenue, le plafond étoilé de Grand Central Terminal, quelques rues de Little Italy et de Chinatown, la verticalité sèche de Wall Street, puis Williamsburg de l’autre côté de l’East River, où Brooklyn impose son propre tempo.
Central Park : retrouver l’horizon au cœur de Manhattan
Central Park n’est pas une parenthèse dans la ville : il en est presque la contre-preuve.
Une balade dans Central Park tôt le matin permet de voir les New-Yorkais courir, promener leur chien ou traverser le parc pour rejoindre leur travail.
Central Park à vélo donne une autre mesure à ses dimensions, tandis qu’un pique-nique sur les pelouses permet de ralentir au milieu d’une journée de visites.
Bethesda Terrace, The Mall, Bow Bridge ou Jacqueline Kennedy Onassis Reservoir ponctuent la promenade sans jamais faire oublier que l’intérêt principal du parc tient peut-être davantage à ses perspectives qu’à ses points d’arrêt.
Au détour d’une allée, les tours de Manhattan réapparaissent soudain au-dessus des arbres.
À proximité, le Metropolitan Museum of Art, ou MET, prolonge naturellement la journée. Plus au sud, le MoMA constitue une autre étape majeure pour les amateurs d’art qui souhaiteraient intégrer les musées de New York à leur voyage.
Quatre saisons, quatre villes
New York n’a pas de bonne saison : elle a quatre personnalités, et chacune réécrit la ville.
New York au printemps, ce sont les floraisons de Central Park, les terrasses qui ressortent, Brooklyn qui se réveille et cette douceur qui rend les longues balades dans Manhattan possibles du matin au soir. New York en été appartient aux rooftops, aux concerts en plein air, aux berges de l’Hudson en fin de journée et aux soirées qui s’étirent parce que personne ne rentre. New York en automne est sans doute la plus photogénique : Central Park en automne vire au roux et à l’or, la lumière passe à l’oblique entre les buildings, la ville retrouve son tempo de travail. New York en hiver, enfin, est la version mythique : les décorations de Fifth Avenue, les vitrines, l’air coupant entre les tours, la ferveur particulière d’un New York à Noël, et si la chance s’en mêle, New York sous la neige, ce matin improbable où la ville la plus bruyante du monde se met à chuchoter.
La meilleure période pour un séjour à New York n’appelle donc pas une réponse unique, mais un choix : celui de l’atmosphère que vous voulez emporter avec vous.
Première fois, ou dixième
Une première fois à New York obéit à une logique claire, presque physique : il faut vérifier que tout cela existe vraiment. Times Square et son excès lumineux, l’Empire State Building, la Statue de la Liberté, les enseignes de Broadway, le pas de course de Midtown. Un city trip de cinq jours suffit à prendre la mesure de New York et de ses incontournables ; une semaine permet de ralentir, de traverser vers Brooklyn sans surveiller l’heure, d’accorder une matinée entière à un seul quartier.
Retourner à New York est un exercice différent, et souvent plus beau. La ville n’a plus rien à prouver, vous non plus : reste ce qui se joue au-delà de la carte postale. Une visite privée de New York avec un guide francophone qui connaît l’histoire d’un pâté de maisons, un tour gastronomique dans un quartier plutôt qu’une adresse isolée, un match de NBA ou un match de baseball pour comprendre ce que le sport fait à cette ville, une comédie musicale à Broadway ou un concert choisi le soir même. En couple, New York se prête aux fins de journée en hauteur et aux longues marches sans destination. En famille, elle s’organise autrement, entre les grands espaces de Central Park, les traversées en ferry et les musées.
Où dormir à New York ?
Choisir son hôtel à New York revient d’abord à choisir la manière dont on souhaite vivre la ville.
Midtown Manhattan place les grands monuments, Broadway et Fifth Avenue à proximité immédiate. SoHo et Greenwich Village permettent de retrouver une atmosphère davantage tournée vers les rues, les restaurants et les petites adresses.
À Brooklyn, Williamsburg ou Brooklyn Heights offrent une autre relation à Manhattan, souvent avec la skylineen perspective plutôt qu’au-dessus de soi.
Pour un séjour de luxe à New York, certains palaces historiques privilégient le cérémonial et l’emplacement, tandis que les boutique-hôtels à New York misent davantage sur leur quartier et leur personnalité.
Un hôtel avec vue sur Manhattan peut constituer une expérience en soi, mais l’adresse idéale reste celle qui évite surtout de passer une partie du séjour dans les transports.
C’est là que le voyage sur mesure à New York prend tout son sens. Ce que vous ferez à New York compte moins que l’ordre dans lequel vous le ferez, l’heure que vous choisirez, le temps que vous laisserez entre deux expériences pour que la ville ait la place de se manifester. Tout le travail d’un Travel Designer consiste à construire cette respiration : caler un survol au bon moment de la lumière, protéger une matinée sans programme, savoir quand une file d’attente vaut la peine et quand elle ne vaut rien. Le reste, New York s’en charge très bien toute seule.
Et si votre prochain séjour à New York laissait autant de place aux grandes vues qu’à tout ce qui se passe, quelques centaines de mètres plus bas, à hauteur de trottoir ?
Le mot de notre travel designer
Passez une soirée au Café Wha? À Greenwich Village, pour dîner ou boire un verre devant un concert. Cette salle mythique ouverte depuis 1959 a notamment vu passer Bob Dylan à ses débuts. La programmation mélange aujourd’hui soul, funk, rock et autres musiques live : vérifiez donc le programme si vous recherchez spécifiquement du jazz.
Pour rejoindre DUMBO ou Williamsburg, embarquez sur le NYC Ferry. La ligne de l’East River relie notamment Wall Street, DUMBO, Williamsburg, Greenpoint et East 34th Street. Ce n’est pas seulement un moyen de transport : vous profitez au passage de superbes vues sur Manhattan et les ponts.
Gardez votre coucher de soleil pour Brooklyn. Traversez le Brooklyn Bridge à pied en fin de journée, puis descendez vers Brooklyn Heights et Brooklyn Bridge Park. Attendez que Manhattan commence à s’illuminer avant de repartir : la skyline est souvent encore plus impressionnante lorsqu’on la regarde de l’extérieur.
Gardez une matinée pour courir ou simplement marcher dans Central Park. Partez assez tôt, lorsque les New-Yorkais promènent leur chien, courent avant le travail ou prennent leur café. Faites quelques détours autour du Reservoir, puis sortez du parc pour prendre un vrai petit-déjeuner : une manière beaucoup plus locale de commencer la journée.